mar. Avr 13th, 2021

CNG de Lutte : le « neveu » reconduit son oncle

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 La lutte, discipline sportive nationale, traverse une profonde crise marquée par une volonté manifeste du Ministre des Sports de maintenir comme Président du CNG son « oncle » Alioune SARR comme il l’appelle affectueusement, face au souhait de l’écrasante majorité des sénégalais (acteurs comme simples amateurs)de rompre avec un système anti démocratique et illégitime qui dure depuis 25 années qu’un homme seul est toujours « reconduit » par tous les ministres successifs qui se sont succédés à la tête du Ministère des Sports. Donc un neveu qui nomme son oncle et inversement « l’oncle » qui ne rend compte de sa gestion financière qu’à son « neveu ». Un Président de CNG qui refuse même d’informer de sa gestion les acteurs qui lui procurent pourtant une manne importante d’argent.

Il est temps que les corps de contrôle de l’Etat s’auto saisissent pour éclairer les sénégalais sur la gestion desdeniers publics, car au-delà des produits financiers provenant directement de la lutte, le CNG bénéficie de financements directs ou indirects de l’Etat.

Cette année, pour brouiller les cartes et faire semblant d’innover, le Ministre Matar BA (un ministre qui modifie un règlement de compétition !!!) a revu à la baisse les sanctions financières infligées aux lutteurs, revu la loi sur les sorties délibérées, et coopté d’anciens lutteurs qui n’ont aucune mission dans le nouveau bureau, si ce n’est d’espérer qu’ils soient des « boucliers » face à l’association des lutteurs en activité qui réclament la mise sur pied d’une fédération, et une visibilité dans la gestion. Yékini, Tyson et autres anciens lutteurs cooptés ne tomberont sûrement pas dans ce piège.

Contrairement à ses déclarations, le Ministre Matar BA ne fait aucun geste pour aller à une démocratisationde la lutte. Et c’est presque une injure de penser que les écuries ne peuvent désigner leurs dirigeants. Cesécuries qui sont des associations déclarées, possédant en leur sein toutes les compétences. Il suffitsimplement de rendre à l’association ses prérogatives et de placer le lutteur dans son véritable rôle (quel que soit sa notoriété).

Il ne faut pas perdre de vue que le CNG gère plusieurs formes de lutte, ce qui justifie son affiliation à la Confédération Africaine des Luttes Associées et à la FILA (Fédération Internationale de lutte Associées composée de 170 pays membres possédant une FEDERATION et non un Comité nommé par Arrêté). Cette FILA qui a financé la construction d’un centre à Thiés, dévoyé aujourd’hui de sa mission. Tout comme celledu CNG, qui n’est pas seulement de permettre aux promoteurs de faire leur business. Elle doit gérer, promouvoir, et organiser (championnats nationaux) toutes les formes de luttes.

Un CNG est surtout une structure d’exception que l’Etat délégataire, met en place pour une durée déterminée, le temps de permettre aux associations et/ou la Fédération de surmonter dans la démocratie les difficultés rencontrées.

L’affiliation à une confédération ou à un organisme international n’est offerte qu’à une fédération, qui estl’émanation des Associations sportives légalement constituées. Mais non à Comité d’exception (CNG). Le mouvement associatif/sportif est démocratique par essence.

Mais si le docteur Alioune SARR doit diriger éternellement les activités sportives liées à la lutte (lutte simple, lutte avec frappe, lutte olympique) , qu’il le fasse sous l’assentiment de tous les acteurs de la discipline.

 

Mamadou Falilou DIOP

Amateur de lutte

Ancien Président de la ligue des sports travaillistes

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