mar. Déc 1st, 2020

Augustin Senghor explique pourquoi on n’a pas arrêté la Ligue 1

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Le président de la Fédération sénégalaise de football, Maitre Augustin Senghor était l’invité du forum de l’Association nationale de la presse sportive (ANPS). Le patron du football sénégalais s’est donné à coeur ouvert en répondant à toutes les questions d’actualités notamment l’éventuelle reprise du championnat, les fonds débloqués par la FFF, la réhabilitation et la modernisation des stades entre autres.

Rassemblements dans les terrains de sport ?
« Effectivement, j’ai pu lire l’arrêté du ministre de l’Intérieur qui ne fait que traduire les décisions annoncées 24 heures avant avec un assouplissement des mesures mais aussi ils ont tenu à définir les contours d’assouplissements et limites des restrictions liées à la Covid-19 ».
Avec une éventuelle reprise des championnats, avez vous pensé à une formule ?
« En ce qui concerne une éventuelle reprise des championnats, nous avons fait plus que penser à une formule. Nous avions fait des propositions qui ont été faites par le Comité d’Urgence il y a trois semaines à un mois. Il s’agissait concrètement de reprendre plus tard au mois de novembre parce qu’il ressortait des informations fournies par les autorités notamment du discours du chef de l’Etat que la pandémie ne pourrait pas être régulée avant le mois de septembre. Partant de là, on s’est projeté en novembre et c’est pourquoi nous avions revu la formule pour garder l’intégrité de la saison suivante 2020-2021 et pouvoir la démarrer en janvier au moins. Il fallait alors changer de formule. C’est ainsi qu’après au un large partage au sein des instances de décision que le Comite d’urgence avait propose cette formule des play-offs qui permettrait de finir la saison sur le terrain et d’attribuer les bénéfices à chacun selon son mérite sportif. C’est ce que nous avions arrêté. A la lumière de ce qui s’est passé ces derniers jours, le Comité d’urgence s’est réuni et a proposé de convoquer le mois prochain le Comité exécutif pour étudier les possibilités d’anticiper sur ce mois de novembre. Cela voudrait dire que nous pourrions envisager de terminer la saison en jouant les phases retours de Ligue 1 et L2, sans oublier les autres championnats amateurs. Ce sera juste une étude et la décision initiale prise par le Comité d’urgence reste de vigueur ».
D’aucuns se demandent pourquoi on n’a pas arrêté les compétitions, déclarer le champion, comme ailleurs en Afrique ?
« La raison est simple et chaque pays a ses réalités. Au Sénégal, on a joué que la moitié du championnat en ce qui concerne les Ligues d’élite 1 et 2. On a joué 13 journées sur 26 possibles. Il y avait 39 points à prendre. La difficulté c’est qu’il nous paraissait difficile sans qu’on nous le reproche ou que ça ne fasse des griefs aux autres équipes de déclarer Teungueth FC champion. Même en Ligue 2, les équipes sont tellement proches mis à part la Linguère qui a 6 points d’avance sur le 2ème, l’USO. C’était difficile d’attribuer le titre, de décider qui allait descendre ou monter. Ça posait problème et on estime que jouer la moitie du championnat ne suffisait pas, même si TFC a une longueur d’avance sur ses adversaires. C’est pourquoi nous avions pensé à cette formule qui serait moins injuste, sans remettre en cause le mérite des équipes qui ont engrangé des points sur la phase aller.
Soutien aux autres secteurs sauf le sport, dont le football…
Je pense que nous sommes en pleine pandémie de Covid-19 et comme beaucoup de secteurs d’activités dans le pays le sport en particulier le football, seule fédération en son sien avec une Ligue professionnelle de football et des clubs amateurs qui investissent plus que d’autres disciplines et en payant des salaires. Nous avons été très impactés négativement et nous avons espoir que l’Etat devra accompagner le sport et le football. Nous avons aussi joué notre participation dans la lutte et nous continuons à le faire. Nous pouvons aussi comprendre que l’Etat a dû hiérarchiser en fonction des priorités. Ils ont orienté l’aide dans les secteurs comme la santé, l’éducation. On a vu qu’ils ont aidé la culture et on est optimiste. On sait que l’Etat ne nous a pas oublié. Notre tour n’est peut-être pas encore arrive en terme de priorité. Après les acteurs culturels, l’Etat va se tourner vers les sportifs, dont le football qui en a besoin. La Fédération a pris les devants en aidant les clubs et acteurs à supporter les difficultés financières. Nous attendons toujours l’Etat et nous espérons être alignés au moins sur le secteur culturel, à défaut d’être dans la même catégorie que les secteurs névralgiques de l’économie. Je pense que le sport occupe une part importante que celle de la culture sur le plan national et mondial. Le Sénégal rayonne dans le monde entier grâce au sport. En plus, nous sommes un secteur économique à part entière. Des milliers de personnes aident leur famille à travers le football et le sport. Il est important que l’Etat accompagne dans le cadre du programme de relance post Covid-19 et de résilience. Nous avons conçu un programme post Covid-19, incluant la fin de cette saison et celle 2020-2021. A côté, nous avons créé un fonds spécial de relance Covid-19 dans lequel nous attendons un appui de l’Etat pour faire face à l’ensemble des charges inhérentes, surtout appuyer nos clubs et membres. On devra aussi se servir de cette crise pour relancer le football et solutionner l’impact négatif subi ».
Contribution de la FSF aux clubs, à la solidarité nationale et à d’autres entités ?
« Je pense que je dois comptabiliser toutes les actions qui ont été menées. Nous sommes aux alentours de 550 millions. Si on doit comptabiliser l’appui de la FSF, les membres du Comité exécutif, la LSFP, les ligues, les présidents de Ligue, les joueurs de l’Equipe nationale, on n’était pas loin de 150 ou 180 millions. La FSF vient de débloquer près de 350 millions pour appuyer l’ensemble des clubs et démembrements qui ont été impactés. Nous étions continuons et nous étions hier (vendredi) à Toubab Dialaw et Guéréo pour soutenir les personnels de ces centres, les populations, sans oublier les différents staffs techniques de nos équipes nationales. Il y aura le Beach Soccer et d’autres secteurs qui ne sont pas encore soutenus. Je pense que nous n’avons pas encore terminé et si nous recevons d’autres fonds nous allons soutenir les clubs. Nous tournons autour de 550 millions ou même 600 depuis le début de la pandémie.
Infrastructures ».
« Nous avons beaucoup investi dans les infrastructures ces dernières années et nous allons continuer ainsi. Nous avons pas mal de projets qui pourraient être achevés ou avancés d’ici l’année prochaine. Dans le cadre de ces projets, je parlerai du stade Demba Diop qui est fermé depuis 2017. Cela pose beaucoup de préjudices au football et particulièrement au football dakarois. Il est important vu la place du stade dans la vie du football sénégalais et des autres sports, qu’il soit réhabilité et rouvert. Le président de la République nous l’a confiés et nous avons commencé à travailler avec le ministre des Sports pour la réhabilitation. Ce sera une réhabilitation et une modernisation. Nous voudrions garder la structure actuelle du stade car c’est un patrimoine sportif qui a une histoire, tout en modernisant et en le rendant plus fonctionnel. Nous voulons en faire un petit modèle sénégalais des stades anglais. Tous les sièges seront assis et nous allons aussi réorganiser pour que la distribution change. On se rend compte que tout le monde est à l’étroit, tribune de presse, espace VIP, même le salon d’honneur est un petit cagibi sous les tribunes, les toilettes et vestiaires sont accolés au salon. Pourquoi ne pas déplacer les vestiaires du côté de la tribune couverte, entre autres travaux… Ce stade sera aux normes de sécurité FIFA pour éviter les incidents. Notre volonté est que ce stade puisse profiter à tous les acteurs du football et qu’il puisse abriter les grandes joutes de nos compétitions nationales. Et pourquoi pas qu’il ait un retour de l’équipe nationale A à Demba Diop, en optant pour du gazon naturel ou hybride. Je pense que nous avons tous en tête les moments mémorables, où les Lions jouaient dans ce stade. Ce stade a beaucoup d’histoire et c’est ce que je peux dire pour le moment. Mais, je vais insister sur les délais car Dakar est sevré de terrain et nous voulons en une année moderniser ce stade. Nous réfléchissons même sur une rénovation à tiroir, isoler une tribune et continuer au fur et à mesure que les travaux avancent. Ce sera le cabinet spécial qui nous dira la faisabilité, mais les délais courts sont importants pour nous. Autre projet, c’est le siège de la Fédération sénégalaise de football. Je pense que nous sommes à l’étroit dans l’actuel siège qui ne reflète pas le niveau de rayonnement de notre football surtout avec les performances de notre sélection A. Nos jeunes qui brillent partout, les filles qui gagnent et surtout le Beach Soccer, roi d’Afrique depuis dix ans ou plus. A cela, il faut ajouter le rayonnement de notre fédération qui est très respectée en Afrique et dans le monde, sans oublier nos dirigeants reconnus partout dans le monde. Il est temps d’avoir ce siège qui sera logé dans les locaux de l’ancienne ligue de football du Cap-Vert, au Point E. Ce sera un immeuble R+6 extension que nous voulons moderne et fonctionnel, où toutes nos administrations seront logées et pourquoi pas des salles de réunion et autres. L’autre projet concerne les Ligues régionales, dans deux mois les premières vont sortir de terre et nous allons continuer jusqu’à ce que les 13 ligues de l’intérieur du pays puissent avoir leur siège. La Ligue de Dakar sera logée dans le nouveau siège de la FSF qui sera construit au Point E. Nous avons aussi le stade Maniang Soumaré parce que nous voulons faire souffler Lat Dior et doter la famille sportive thiessoise d’un terrain en gazon synthétique, où toutes les équipes pourront jouer et s’entraîner. Sur ce projet, nous sommes très avancés et je pense que nous aurons la réponse définitive de la FIFA dans les prochaines semaines. De ce fait, nous pourrons commencer les travaux. Il y a aussi l’hôtel fédéral, centre d’hébergement de haut niveau qui sera à Toubab Dialaw. Nous avons pu nous accorder avec le département d’investissement de la FIFA dans ce sens. Il faut y ajouter tous les investissements qui seront faits à Guéréo sur une plateforme de 20 hectares pour en faire un centre d’excellence international qui pourra accueillir des équipes nationales ou des clubs internationaux en bord de mer pour se préparer. Tous ces projets sont dans le back et nous pensons pouvoir les réaliser dans les meilleurs délais. Nous sommes en train de construire à Toubab Dialaw la nouvelle intendance de la FSF et plus tard il y aura une piscine. Il y a beaucoup de projets et nous voulons les boucler dans un délai court ».
Demba Diop sera t-il rasé et repris ou réhabilité ?
« Notre orientation c’est une réhabilitation et une modernisation. Demba Diop est un patrimoine du monde sportif et nous devons garder l’âme du stade. Il suffira juste de faire les commodités d’accès, de sortie, de fluidité, d’organisation, du confort, des panneaux d’affichage moderne, des sièges assis de 15 à 18 000 places, si c’est possible nous irons jusqu’à 20 000 places. Il y aura toutes les fonctionnalités et nous travaillerons à régler les problèmes lies à l’environnement du stade. Nous ne pouvons pas avoir un stade moderne avec tout ce qui se passe autour. L’Etat nous aidera à trouver les solutions pour déplacer toutes ces activités qui n’ont rien à faire en principe dans un stade. Même si, nous devons avoir d’autres activités, elles devraient être adaptées au football ou au sport. Ce serait modernisé pour en faire des lieux, où les gens viendraient pour la restauration ou des boutiques de vente de maillots. Vendre des pneus en dessous des tribunes du stade est presque dangereux. Il y a beaucoup de choses à revoir et le groupe de travail va y réfléchir ».
Les Ligues régionales ont-elles toutes des sites ? Ordre dans les réhabilitations ou constructions…
‘Le Comité exécutif avait demandé à l’ensemble des ligues de se rapprocher de leurs autorités locales pour trouver des terrains qu’on leur attribuerait au nom de la Fédération pour qu’on puisse démarrer les travaux. Aujourd’hui, nous avons 6 ou 7 qui ont déposé les documents. Certains sont complets parce que nous avons besoin de délibération ou d’attribution claire de ces terrains qui peuvent être nus ou des espaces qui sont dans des locaux existants et appartenant à l’Etat ou dans des stades. Mais, il faut une décision officielle de la structure qui met à disposition. L’ordre est en train d’être établi et nous connaissons les ligues qui ont complété et déposé leurs dossiers. Nous commencerons par ces ligues. Une communication sera faite en bonne date pour vous donner les trois ligues et les bonnes dates. Nous lancerons les travaux en même temps pour que les premières ligues puissent occuper leur espace dans un délai de six moi. Les ligues seront accompagnées dans l’équipement de leur siège ».

Abdoul Aziz WATT

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